déréliction

vagues à l'âme - j'aime l'humanité sous toutes ses couches

notrefilrouge:

11.08.2023

C'est drôle, mais je reprends le journal ici parce que je ne sais pas écrire dans le mien - le réel. Ça semble taper en moi, je déteste.

Hier j'ai parlé à N. Je ne sais pas ce que j'attendais en lui expliquant ce que j'avais sur le cœur, mais je l'ai fait. Aucune réponse cohérente, car je suis attirée par ces hommes qui n'ont aucune considération pour moi - pourquoi ?

J'ai des douleurs pelviennes insupportables depuis hier, qui m'empêchent d'écrire, de penser, de jouer de la guitare et d'aller en bibliothèque lire de la philo l'après-midi. Ovulation ou endométriose, urgences sûrement quand je ne pourrai plus me lever. Je déteste ce moi avachi qui déprime et boit, j'ai envie de plus, envie d'espoir, mais que voulez-vous, je ne suis que ça.

Je me rapproche de plus en plus d'une moi moins féminisé dans les codes vestimentaires que je prends pour modèle, qui prend aussi conscience que mon attirance n'a jamais été dans les hommes qui pourraient m'aimer sainement - ça me dégoûte. Pourquoi ? Encore une fois, aucune idée. Vide parisien, vide de la nuit chaude.

Papillon

J'ouvre mon ventre, à toutes les déesses callipyges de ce monde, en espérant qu'elles se nourrissent éternellement de mes entrailles.

Vibrations

Le soleil frappe mon front
Qui frotte encore la nuit,
Il me laisse cracher le dioxyde,
Joue avec mes mains fébriles -
Endormies encore.

Étoiles s'échappent
Mais il les observe vrombissantes
Exténuées
Explosant
Loin de nos pas.

Dans ton corps,
Tes nerfs
Sont rappelés par l'Univers
Qui surveille, et contrôle
Mais ne punit jamais.

Sous la canopée

Vélo tiré respirer le moi perdu depuis des décennies.

Bleu lagon

Poignets embrassant le carillon
Qui se substitue au temps
Coupés à la verticale atterrissent
Malgré eux en Terre sainte.
Là-haut, dans le ciel adriatique
L'eau est plate, le cœur est en suspens.
On y manque tout.

Apprivoiser

L'été, la figure se casse
Victoire de Samothrace.
De la taille d'une fourmi,
Le cœur prend forme -
Au centre des paumes pour l'un,
Dans le bénitier pour l'autre.

Après la fin du monde

Tu finiras par me rendre la Terre
Particules figées dans le néant total
Aimer pour toujours - jusqu'à ce moment

INSTINCT


Mélodies diverses me composent, clés, symboles, cités perdues, Neith, déesses, graves, notes graves, notes graves de rock et de grunge, visage angélique sans voix, sans visage, flou, nuées, brouillard, nuit, monstres, solitude.
Les quatre murs qui me séparent de ma réalité sont mon identité, révélation quand je les frappe de ma colère et que jaillit une marée, boue, sang, bouillie de toi, de moi, de n'importe quoi.
Autour de moi, êtres, perdus, nymphes, destin, fil rouge, n'importe quoi, des fantômes, me murmurent de les écouter mais je crie dans le silence
il n'y a rien d'autre que l'inspiration divine et la musique salvatrice
c'est suffisant
ça donne l'oxygène

marathonienne,
à moitié moi à moitié autre, quelle importance je sais qui est quoi
j'apparais en pièces détachées qui se rassemblent enfin
s'élever alors que le visage change et que je maigris
que les creux de mes hanches sont observés

visualiser un sentiment comme une douleur subtile
la douleur est bien là. la douleur comme destinée comme un bonheur comme une chance à saisir
je l'ai en moi comme un trésor qui fait fondre le désespoir
car ce n'est pas la survie, c'est le cœur qui tend les mains vers tout, vers le tout, vers le mal et le bien et ajuste la balance
et pleure dans la danse
et pleure dans la danse
et pleure dans la nuit

J'ai juste attendu qu'il m'absorbe.
J'ai vu quelqu'un me susurrer quelque chose à l'oreille comme si les mots n'existaient pas.
Je me suis retrouvée avec moi-même au milieu de la foule.
Danser.
Échanger des verres avec cette fille
Et danser avec cette fille
Et danser avec un groupe
Et ce quelqu'un continuait de me susurrer quelque chose.
Et c'est vrai qu'à ce moment-là plus rien n'existait.
C'est vrai qu'à ce moment-là je ne demandais rien de plus que ça, rien de moins que ça.

Je me vois encore parler à je-ne-sais-plus-son-nom
Vous allez me dire qui ?
Je ne sais pas, quelqu'un
Qui était là
Je ne me souviens plus de grand chose
Il a bu dans mon verre
Chaque question qu'il me posait était trop loin pour que la saisisse

Absence du soi dans les néons, la nouvelle réalité.

DÉFLAGRATION

Un soir, tu t'es enfoncée dans les brèches de la conscience. Tu t’es accrochée à une embrassade dans le noir - à une fausse chaleur nocturne. Elle avait la forme aussi floue qu'un souvenir demeuré pourtant intact dans un tiroir du passé. Tu avais décidé d'éterniser ce demi-sommeil dans une bouche de métro, qui dans sa moiteur et sa crasse cachait ce soi qui fait encore aujourd'hui corps avec l'ombre. Les nuages de fumée te permettaient d'imaginer utiliser tes poings pour frapper le mur, le clou, le sol, les néons, l'autre. L'autre, qui reste intacte à la douleur. L'autre, ce je. L'autre, moi.

Tu réunis tes doigts pour frapper à la porte du rêve, incapable de percevoir qui l'on torture et à qui l'on ment. Toi, ou elle ? Toi, ou moi ?

Presser le pas.

Descendre à Shibuya. Marcher à Shibuya. Attendre à Shibuya. Hésiter à Shibuya.
Passer le pas,
le comptoir, donner son nom, tendre le poignet.
Trophée bracelet papier, attaché dans la lumière tamisée. Perception de soi vaporeuse perdue dans le bleu d'une boîte de nuit où chacun hésite à danser. Nous semblons être ailleurs. Comme restées en dehors de nous-mêmes.

Chercher le contact et tomber sur toi
Nous percevoir sur chaque carreau de la boule à facette
Tourner de toutes les couleurs
Descendre les escaliers de la conscience
Et la fuir

Vouloir passer par la baie vitrée
Mais le morceau de verre qui se coince dans la tempe
Nous contraint à cet espace clôt - 10m², pas plus -
Et la mort est plus douce que la captivité.

Sans savoir comment nous battre, on attend.
On voudrait pouvoir s'aimer

Être surprises par l'écho qui ne résonne pas chez l'autre
Et ce corps qui supporte l'effroi
Mais ne se fragmente pas
Qui maintient actifs les onglets de la mémoire
Passe en boucle la transpiration des nuits
Mais laisse s'écouler la sueur dans la transe

La gorge nouée par l'acide ingurgité
Et le solide sentiment de passer à côté
De toi
Je t'écoute te parler, alitée
Et subir les marques qui renaissent dans le rêve
Confinées derrière un écran
Et qui attendent que je disparaisse

cr.